30 mai 2007
Cagliari en Sardaigne
Ce n’est pas sans une certaine émotion que je me prépare à vous livrer dans la rubrique « Carnets de route » nos dernières émotions d’escale. Cagliari, en Sardaigne, nous à livrer sa beauté brute dès notre arrivée. Je vous laisse découvrir par l’image l’éclat de cette île de méditerranée. A bientôt pour le terminus du train ….Brest. Plusieurs mois d’arrêt
La Sardaigne (en italien : Sardegna et en langue sarde normalisée : Sardinna) est une île de la Méditerranée occidentale, située à l'ouest de la péninsule italienne et au sud de la Corse. Rattachée à l'Italie après un long isolement, culturellement différente de la péninsule, et avec de fortes particularités, elle a obtenu le statut de région autonome d'Italie depuis le 28 février 1948. Sa capitale est la ville de Cagliari.
GEOGRAPHIE
La Sardaigne, qui a une superficie de plus de 24 000 km², est située au centre de la Méditerranée occidentale, entre la Corse au nord, et la Tunisie au Sud, et a été longtemps considérée comme la plus grande île de Méditerranée.
En fait, elle est la seconde après la Sicile, et la huitième d’Europe, toutes mers confondues. Elle est majoritairement constituée de montagnes et collines, et le massif montagneux principal, le Gennargentu, qui se trouve dans la partie centre-orientale de l’île, culmine à 1834 m d’altitude.
On y trouve également des parties planes, dont la seule réellement remarquable est celle du Campidano, une vaste plaine d’origine fluviale. On remarque deux rivières principales, le Flumendosa long de 127 km, mais surtout le Tirso avec ses 135 km. On trouve de nombreux barrages en Sardaigne, formant des lacs artificiels qui servent à l’irrigation des champs.
Son climat méditerranéen offre des températures douces, et le mistral, qui est le vent dominant, permet de rafraîchir les températures estivales élevées.
HISTOIRE
La première civilisation ayant une physionomie et des caractères bien définis et autochtones est la civilisation dite de Bonuighinu (au cours du IVe millénaire avant J.-C.).
Les riches ressources minières de l'île attirent l'attention et l'intérêt commercial des populations de la Méditerranée orientale, comme les Mycéniens et les Chypriotes, mais ce sont les Phéniciens qui, à partir du IXe et du VIIIe siècle av. J.-C. constituent les premières colonies stables. La Sardaigne qui appartenait à l'empire carthaginois (son occupation va de 535 à 239 av. J.-C.) privilégie, outre la production des ressources minières, celle du froment et du bois. Cette exploitation perdure également avec la conquête romaine (239 av. J.-C. 476 après J.-C.). La Sardaigne fut rattachée à Rome lors de la deuxième guerre punique et en 227 av. J-C. est constituée la province romaine de Corse-Sardaigne.
La décadence de l'Empire romain atteint l'île et a pour conséquence l'abandon progressif des terres agricoles et des côtes et un abaissement notable de la démographie.
Abandonnée à elle-même et sans défense, la Sardaigne est occupée et subit les razzias durant quelque 80 ans (vers 460-530 après J.-C.) par les Vandales d'Afrique qui, défaits par l'empereur d'Orient, laissent l'île sous la domination de Byzance.
Quant au IXe siècle après J.C. les Arabes achèvent la conquête de la Méditerranée, du Nord de l'Afrique, de l'Espagne et de la Sicile, les côtes sardes sont soumises à leurs attaques incessantes et à leurs razzias.
En 1014, une alliance de Gênes et de Pise provoque la défaite de Museto, un chef de guerre arabe qui s'était emparé de Cagliari.
A la fin du XIIIe siècle, elle devient territoire contrôlé par les républiques maritimes du continent italien de Pise et de Gênes. Elle résiste et reste indépendant jusqu'en 1410 et autonome jusqu'en 1478. Cette année, la couronne d'Aragon conquiert définitivement l'île toute entière, déjà concédée en zone féodée depuis 1297 ainsi que la Corse voisine (à laquelle les Aragonnais renoncent en 1487).
Le « Regnum Sardiniae et Corsicae » ainsi créé le 4 avril 1297 demeurera sous la domination de la couronne d'Aragon jusqu'au début 1700.
Après une brève parenthèse autrichienne (1708-1718), confirmée par le traité d'Utrecht, le Regnum Sardiniae est cédé par le « traité de Londres » (1718) aux États de Savoie, en échange de la Sicile, dont le duc prend le titre de roi de Sardaigne.
Le royaume de Sardaigne est ainsi constitué et à l'intérieur de celui-ci l'île maintient son statut autonome jusqu'à 1847.
Avec la fin des guerres pour l’Indépendance et l'unité italienne, le royaume de Piémont-Sardaigne devient royaume d'Italie en 1861.
CC Laurent Corre
22 mai 2007
Le royaume de Bahrein
Bonjour fidèles lectrices et lecteurs. Je suis heureux de vous retrouver après ces quelques jours de brouillard satellitaire.
Rattrapons le retard….
Voici dans la rubrique carnet de route une présentation succincte du royaume de Bahrein que nous avons quitté depuis quelques semaines déjà.
Je vous souhaite un excellent voyage virtuel.
HISTOIRE
Le Bahreïn fit autrefois partie de l'ancienne civilisation de Dilmun et servit de lien important sur les routes commerciales entre Sumer et la vallée de l'Indus il y a plus de 5 000 ans.
Depuis la fin du XVIIIe siècle le Bahreïn a été gouverné par la famille al-Khalifa qui a maintenu des liens étroits avec le Royaume-Uni en signant un traité de paix et de protection en 1820, renouvelé depuis plusieurs fois. Après la Seconde Guerre mondiale le Bahreïn est devenu le centre régional pour le Golfe Persique des opérations britanniques. Lorsque la Grande Bretagne annonça en 1968, et réaffirma en mars 1971, son désengagement du Bahreïn. Bahreïn intégra l'alliance des Émirats arabes unis et devint indépendant le 15 août 1971.
Devenu émir après le décès de son père en 1999, le cheikh Hamad ben Issa al-Khalifa a pris le titre de roi en 2002 et a instauré une monarchie constitutionnelle.
La petite dimension de Bahreïn et sa situation centrale parmi les pays du Golfe Persique l'oblige à jouer un rôle délicat d'équilibriste parmi ses puissants voisins. N'ayant que peu de réserves de pétrole, il a dû s'équiper de raffineries, d'un centre bancaire et d'installations touristiques pour diversifier ses ressources.
GEOGRAPHIE
Le royaume de Bahreïn est un état du Moyen-Orient. C'est un archipel du golfe Persique, à l'est de l'Arabie saoudite et à l'ouest du Qatar.
Il est situé par 26° 00′ nord et 50° 33′ est.
Sa superficie est de 665 km². Étant entièrement insulaire, il n'a pas de frontière terrestre mais totalise 161 km de littoral.
Les eaux territoriales sont encore sujettes à des litiges avec le Qatar depuis son indépendance :
- Plate-forme continentale : limites à déterminer.
- Eaux territoriales: 24 miles nautiques
Le pays est principalement composé d'une plaine désertique s'élevant progressivement en un plateau central modérément escarpé.
Le point le plus bas est au niveau de la mer (0 m, golfe Persique) et le point culminant est le Jabal ad Dukhan (122 m).
La capitale est Manama.
Le climat est aride. Les hivers sont doux et agréables, les étés très chauds et humides.
Des tempêtes de sable et des sècheresses périodiques constituent les risques naturels les plus fréquents.
CC Laurent Corre
21 avril 2007
Bienvenue à Koweit city
Sous une tempête de sable le groupe de guerre des mines arrive au large du Koweit, petit pays encaissé au fond du golfe arabo-persique. Pays rendu célèbre en 1991 grâce à son voisin l’Irak. Comme depuis le début de notre voyage je vais vous présenter en quelques mots la géographie et l’histoire de ce pays producteur de pétrole qui connaît une forte croissance immobilière comme tous les émirats que je vous ai déjà fait découvrir. Mais rentrons tout de suite dans le vif du sujet …..
Le Koweït est un désert avec peu de différence d'altitude. C'est le seul pays dans le monde à ne disposer d'aucun lac ou de réservoir naturel d'eau. Il est composé de neuf îles, la plus grande étant Bubiyan, qui est relié au continent par un pont
Le Koweït dispose d'un climat continental variable. Les étés (avril à octobre) sont extrêmement chauds et secs avec des températures excédant 51°C dans la ville de Koweït. Les hivers (novembre à février) sont frais avec des précipitations limitées et des niveaux de température chutant en dessous de 21°C. La saison de printemps est fraîche et plaisante.
Histoire
- XXe siècle av. J.-C. : Faïlaqa, la plus vaste île du pays, est un comptoir commercial et un avant-poste de la civilisation dilmun.
- IVe siècle av. J.-C. : Présence grecque puis romaine.
- VIIe siècle : Début de l'ère musulmane
- 1672 : Le chef de la tribu Bani Kaled Barrak, bâtit une petite forteresse (Kût, en arabe, dimunitif de kuwayt).
- 1899 : Signature d'un traité de protection avec le Royaume-Uni, mais le Koweït reste jusqu'en 1918 sous autorité nominale ottomane.
- 1914 : Le Koweit devient un protectorat britannique
- 1934 : Première concession pétrolière au Royaume-Uni.
- 1958 : L'Irak revendique la souveraineté sur le Koweït.
- 19 juin 1961 : Indépendance.
- 1971 : Abrogation de l'accord de sécurité avec le Royaume-Uni.
- Décembre 1975 : Nationalisation du pétrole.
- 2 août 1990 : Invasion irakienne, début de la Guerre du Koweït.
- 28 février 1991 : Les troupes irakiennes se retirent du Koweït suite à l'opération Tempête du désert.
- 19 septembre 1991 : Signature d'un accord de sécurité avec les États-Unis.
- 7 octobre 1994 : Menaces irakiennes à la frontière. Envoi de nouvelles troupes américaines
- 16 octobre 1994 : Reconnaissance officielle du Koweït par l’Irak
- 16 mai 1999 : L’émir accorde le droit de vote aux femmes. Succès de l’opposition aux élections législatives
- 24 février 2001 : Renouvellement du pacte de défense liant le Koweit aux États Unis
- 16 mai 2005 : Vote du parlement donnant le droit de vote aux femmes.
A Bientôt
CC Laurent CORRE
07 avril 2007
Le Quatar
Après un petit saut de puce de 3 jours, nous voici au large de Doha, capitale du Quatar. Au loin nous apercevons des gratte-ciels surmontés de gigantesques grues. Cette vision matinale laisse présager un émirat à forte croissance comme nous l’avions constaté à Abu Dhabi.
Nos premières pérégrinations dans la ville confortent cette première impression : une ville en chantier permanent où les architectes peuvent exercer leur art sans tabou apparent …
Après ces impressions à chaud, je vous propose une petite page culturelle, épisode qui devient incontournable au fil de notre périple. Bonne lecture et une pensée à toutes les écoles qui nous suivent depuis notre départ …
Histoire
Le Qatar est l'un des nombreux et récents émirats de la péninsule arabique. Après avoir été dominé par les Perses pendant des milliers d'années puis plus récemment par Bahreïn, les Ottomans ou encore les Britanniques, le Qatar est devenu un État indépendant le 3 septembre 1971. À la différence de la plupart des émirats voisins, le Qatar a refusé de devenir un membre des Émirats arabes unis ainsi que de l'Arabie saoudite. Malgré un climat aride et difficile, le Qatar a toujours connu une présence humaine durant des milliers d'années. Cette présence est le fait de plusieurs tribus nomades ou sur les côtes avec de petits villages de pêche.
Les Portugais occupèrent le détroit d'Ormuz, puis Mascate et Bahreïn. En 1517, ils prirent le Qatar et imposèrent leur contrôle maritime et commercial dans le Golfe. En 1538, ils furent chassés de la région par les Ottomans qui dominèrent le Qatar durant quatre siècles. Des conflits entre tribus eurent lieu jusqu'au début du XIXe siècle, alors que les Britanniques décidèrent d’intervenir.
Les Britanniques ont tout d’abord considéré le Qatar et le golfe Persique comme une position intermédiaire stratégique pour leurs intérêts coloniaux en Inde, mais la découverte de pétrole et d'hydrocarbures cent ans plus tard va changer leur vision. Pendant le XIXe siècle, période de développement des entreprises britanniques, la famille Al Khalifa règne sur la péninsule qatarie et l'île de Bahreïn. En 1867, les Al Khalifa lancent une offensive massive contre les rebelles qataris en envoyant une force navale à Wakrah. Malgré le succès de l’opération, l'agression bahreïnie viole un traité de 1820 entre le Royaume-Uni et les Bahreïnis. L'homme choisi pour négocier avec le Royaume-Uni était un entrepreneur respecté et un résidant de longue date de Doha : Muhammed Ben Thani. une dynastie toujours en place à ce jour.
La Seconde Guerre mondiale remet en cause l'emprise des Britanniques sur leur empire, ils ont bien accueilli la déclaration d'indépendance du Koweït en 1961. Sept ans plus tard, ils annoncent officiellement qu’ils se désengageront (politiquement, mais pas économiquement) du Golfe dans un délai de trois ans. Le Qatar, Bahreïn et sept autres États forment une fédération. Néanmoins, des conflits régionaux amènent le Qatar à déclarer son indépendance vis-à-vis de la coalition qui devient les Émirats arabes unis. 1971 marque la naissance du Qatar comme État souverain et devient membre de l'Organisation des Nations unies.
En 2005, le Qatar est dirigé par l’émir Hamad bin Khalifa Al Thani, qui a pris les commandes du pays en renversant son père Khalifa bin Hamad Al Thani en 1995 tandis que celui-ci était en vacances en Suisse (il vivra en exil en France puis en Italie jusqu’en 2004, date de son retour au Qatar). Sous l’émir Hamad bin Khalifa Al Thani, le Qatar a enregistré de nombreuses reformes sociales (droits des femmes) et politiques, il apparaît comme beaucoup plus libéral que son père. Il dote aussi le pays d'une nouvelle constitution et il a créé, "Al-Jezira" la CNN arabe, qui est pour beaucoup dans la notoriété du pays.
Aux yeux de l'Occident, le gouvernement qatari semble garder un contrôle strict sur la liberté d'expression et les mouvements pour l'égalité ; cependant comparé à ses voisins comme l'Arabie saoudite, le Qatar est l'un des pays relativement les plus libéraux de la région.
Géographie
Le Qatar une presqu’île de 11 437 km² situé sur la rive sud du golfe arabo-persique. Il est limitrophe de l’Arabie saoudite à l'ouest, des Émirats arabes unis au sud et de Bahreïn au nord ouest. Le pays s'étend sur 160 km de longueur et 80 km dans sa plus grande largeur. Ses 563 km de côtes furent jusqu'au XXe siècle la source de ses principales richesses, tirées de la pêche et des huîtres perlières
La plus grande partie de la péninsule qatarie est une plaine stérile recouverte de sable. Au sud-est se trouve la spectaculaire Khor Al Adaid ou « la mer intérieure ». Le pays est plat, son point culminant, situé dans le Jebel Dukhan, ne dépassant guère 90 m. C’est dans ce secteur que l’on trouve principaux gisements terrestres de pétrole du Qatar, alors que les gisements de gaz naturel sont en mer, au nord-ouest de la péninsule.
Le climat du Qatar est désertique, chaud en été et très doux en hiver. Pendant l’été, les températures varient de 40°C à 50°C. Les averses hivernales sont minimes et la pluviométrie n’excède pas 75,2 mm par an.
Doha, la capitale du Qatar, est aussi sa principale ville. Elle concentre la moitié de la population qatarienne et la quasi totalité des infrastructures hôtelières et sportives du pays et abrite le Palais royal (Diwan Emiri).
CC Laurent Corre
20 mars 2007
Le sultanat d'Oman
Vendredi 16 mars, le groupe de guerre des mines glisse au petit matin sur une mer d’huile à l’ouvert du Golfe d’Oman en mer d’Arabie. Malgré la quiétude de l’aube, les équipages s’affairent pour préparer l’accostage de la Loire et de ses protégés au port Sultan Quaboos à Mascate, capitale du sultanat d'Oman.
Nous arrivons dans des contrées dont l’histoire et la géographie stimulent notre imagination : les contes des mille et une nuits, la caverne d’Ali Baba ou Lawrence d’Arabie…
Mais revenons à des affaires plus pragmatiques en vous dévoilant certains traits de géographie.
Oman est un sultanat, c'est-à-dire un État gouverné par un sultan. C'est un pays de 309 500 km² (France: 552 00 km²) situé dans le sud-est de la péninsule Arabique; s'étendant sur près de 1760 km le long du golfe d'Oman, à l'est, et s'ouvrant sur la mer d'Oman au sud, le pays est délimité au sud-ouest par le Yémen, à l'ouest par l'Arabie saoudite (désert de l'Ar Rub‘ al Khali) et au nord-ouest par les Émirats arabes unis.
Le sultanat comprend également la presqu'île de Musandam, un cap stratégique dominant le détroit d'Ormuz, qui est coupé du reste du pays par les Émirats arabes unis.
Et maintenant un peu d’histoire.
Les peuplements les plus anciens que l'on connaisse à Oman remontent au IIIe millénaire avt JC. Ils furent dominées brièvement par la Perse après 536 avant notre ère et soumises à l'islam et à l'arabisation.
Les marins omanais maîtrisaient le commerce avec l'Inde et l'Asie. Mais à partir du XVIe siècle, la concurrence européenne se fit plus rude. Les Portugais s'emparèrent de Mascate en 1508, puis d'Ormuz en 1519.Toutefois, les Arabes d'Oman contraignirent ces derniers à quitter la région en 1650. De pays colonisé, Oman se transforma en pays colonisateur, reprenant aux Portugais toutes leurs possessions, dans le golfe Persique et jusqu'à la côte orientale de l'Afrique. Oman exerça une tutelle sur l'île de Zanzibar (Tanzanie) jusqu'au XIXe siècle. Les Omanais conquirent également Bahreïn sur les Iraniens, mais en 1737 les Iraniens conquirent Oman, dont ils furent expulsés six ans plus tard par Ahmad ibn Saïd. L'un de ses descendants renversa l'imam en 1793 et fonda le sultanat de Mascate. La dynastie est demeurée au pouvoir jusqu'à nos jours. En 1830, la capitale du sultanat fut transférée à Zanzibar.
Pendant son très long règne (1804 à 1856), le sultan Ahmad ibn Saïd contrôlait un véritable empire comprenant, outre Oman, le sud de la Perse et le détroit d’Ormouz, une enclave dans ce qui est aujourd’hui le Pakistan, et surtout, sur la côte de l’Afrique, les îles de Zanzibar et de Pemba ainsi que des possessions s’étendant de Kilwa (Tanzanie) jusqu’à Mombasa (Kenya). Occupant déjà une position stratégique sur la route des Indes, le sultan était courtisé à la fois par les Britanniques et par les Français (Napoléon). À la mort de Saïd, en 1856, le pays fut divisé en deux royaumes, celui de Mascate-et-Oman et de celui de Zanzibar.
En 1891, Oman devint un protectorat britannique. En 1913, le rétablissement de l'imamat ibadite fut suivi d'une partition entre Mascate et Oman. La rébellion des tribus de l'intérieur, entraînées par l'imam Salim ibn Rachid, provoqua, de 1915 à 1920, une guerre civile et l'intervention des forces britanniques, à la demande du sultan. Le même scénario se reproduisit en 1955, après la découverte de terrains pétrolifères dans l'oasis de Bureimi.
Un nouveau conflit éclata en 1963 au Dhofar, où, armée par le Yémen du Sud, la Chine et l'Union soviétique, une guérilla marxiste s'opposa, jusqu'en 1975, au sultan Saïd ibn Taymur. Celui-ci, monté sur le trône en 1932, devait également compter avec ses héritiers. Il fut renversé par son fils, Qabus ibn Saïd, lors d'une révolution de palais en 1970. Ce dernier entreprit de moderniser le pays, qui devint le sultanat d'Oman.
CC Laurent Corre
09 mars 2007
Exercice Macopex
Une des missions sur un bâtiment de guerre est de maintenir un niveau opérationnel afin de parer à toutes éventualités. Pour se faire, tout au long de notre périple, des exercices sont organisés afin d’entraîner le personnel dans des conditions au plus proche de la réalité. Comme le précise l’adage « entraînement difficile, guerre facile ». C’est dans ce contexte que le Task Group s’est prêté au jeu en participant à l’exercice AGACEX-MACOPEX , un bel après-midi sous un soleil de plomb. AGACEX-MACOPEX, que de termes barbares !! Ne vous inquiétez pas, ce qui suit va éclairer vos lanternes. Le but est d’entraîner les équipages à réagir à des attaques de bateaux rapides. Mais tous les mobiles rapides sur l’eau ne sont pas hostiles, la difficulté est de faire le tri …. Pour jouer les zodiacs des trois bâtiments ont été mis à l’eau. Certains étaient « les méchants », d’autres « les gentils », et puis ils ont commencé à nous « agacer ». Pour combattre et se défendre, le commandant décide de mettre le bâtiment au poste de combat dès l’apparition de mobiles rapides présumés hostiles. Cette situation permet de disposer à chaque instant d’équipes prêts à se défendre (artillerie), éteindre les incendies (équipes sécurité avant et arrière), réparer les dégâts causés par l’attaque (équipes réparation) et soigner les éventuels blessés (équipes médicales). Si le bâtiment subit un impact, la cellule MAîtrise des Capacités OPérationnelleS (MACOPS) coordonne les actions définies par la priorité du commandant. Le Contrôleur des Capacités Opérationnelles (CCO) dirige une équipe chargée d’évaluer les dommages et de proposer des solutions de réparation et une équipe de gestion du potentiel humain. Au bout de deux heures et suite à deux importants impacts sur les BSM Loire et les CMT, les différentes équipes ont réussi à maîtriser les incendies et les entrées d’eau. Excellent exercice qui était un bon entraînement avant notre arrivée dans le Golfe Persique. CC Laurent Corre
Visite d'Alindien
Le mercredi 28 février, au petit matin, le contre-amiral Launay, commandant la zone maritime de l’Océan Indien (ALINDIEN) a fait honneur au Task Group 452.10 en effectuant une visite à bord de la Loire. Il était accompagné de l’officier opération de son état-major interarmées, le CF Laccours. Le CV Maréchal, commandant la force de guerre des mines en déploiement ou chief of the task group (CTG) a présenté les missions qui nous attendent prochainement dans la zone du golfe arabo-persique. La présentation s’articulait, également, autour des capacités de soutien du BSM Loire et du domaine d’emploi des chasseurs de mines tripartites. Fort de ces éléments, l’amiral a souhaité visiter les ateliers du BSM Loire en passant tout d’abord par l’infirmerie.« L’hôpital » de la Loire peut accueillir 14 personnes où le médecin et deux infirmiers peuvent effectuer des actes de chirurgie légères. Ensuite, l’amiral a pu découvrir les nombreux ateliers de la Loire tels que l’atelier de détection sous-marines, les ateliers de mécanique et de chaudronnerie. Pour clôturer ce passage, le contre-amiral Launay a pu s’imprégner de la bonne odeur du bois en apercevant, à l’atelier charpentage, les œuvres des deux menuisiers-ébénistes-charpentiers du bord. Les pièces présentées , la réplique du phare de Treskadec et une barque type ‘Doris’, font parties du décor qui sera présenté au gala international de la gastronomie de Karachi où la Loire et les CMT se doivent, évidemment, de faire bonne figure. Enchanté par cette matinée, Alindien doit nous quitter, rappelé par son agenda particulièrement bien rempli. Il remonte dans l’hélicoptère Alouette III qui le ramène sur le Var, le bateau « Amiral », accueillant son état-major embarqué. Merci Amiral CC Laurent Corre
03 mars 2007
Le Lac Abbé
Derniers jours avant notre départ de Djibouti pour reprendre la haute mer. Le commandant et les membres de son carré décident de partir à l’aventure vers une des curiosités géologiques de la république de Djibouti.
Laisser moi vous narrer l’histoire incroyable du lac Abbé, lieu sauvage et mystique :
« La grande fracture qui coupe le levant africain du nord-est au centre ouest détermine sur le territoire éthiopien une longue dépression dont le caractère volcanique est connu depuis longtemps. C'est la rift-valley bordée de vieux cratères, de champs de lave et de cailloutis basaltiques. C'est là que s'ouvre la gueule de l'un des plus curieux volcans de notre planète, le Erta-Alé, dont le cratère plein à ras bord de laves bouillonnantes. Plus modeste, l'autre branche se dirige vers l'est en méandres aberrants et disparaît dans les profondeurs sous-marines des golfes de Tadjoura et d'Aden. Cette portion, guère plus grande que deux départements français, offre l'étrange spectacle des grands bouleversements universels. A cheval sur la frontière du TFAI et de l'Ethiopie, le lac Abbé (pourri en Djiboutien) pourrait servir de décor à quelque film d'épouvante. Autrefois, l'Awash se déversait ici, dans une cuvette d'origine volcanique, un immense cratère sans doute, que des milliers d'années d'alluvions apportées par le fleuve avaient fini par combler, ou presque. A la saison des pluies, les crues de l'Awash charriaient des millions de mètres cubes de liquide boueux mais l'évaporation due à l'extraordinaire chaleur des lieux finissait toujours par équilibrer le trop-plein. Ces eaux sauvages regorgeaient de poissons, de crocodiles, et les berges marécageuses abritaient des troupes nombreuses d'hippopotames, de phacochères et d'oiseaux aquatiques. Aveuglé par le lac, le volcan toujours vivant, laissait échapper des milliers de fumerolles en bulles gigantesques qui agitaient les flots en permanence. Ces gaz sous pression vomis par les entrailles de la terre concrétionnaient tout autour de leurs orifices les particules solides en suspension dans les eaux, édifiant ainsi, à 150 mètres sous la surface, des cheminées de stuc dressées comme des candélabres. Il y a environ 8000 ans, une série de secousses sismiques bouleversèrent cette partie du continent. Détourné de son cours, le fleuve Awash s'en alla vers le nord pour former d'autres étendues marécageuses connues aujourd'hui sous les noms de Gargori et Gamarri. Privé de liquide, le lac Abbé s'assécha très vite et les cheminées des profondeurs apparurent à la lumière dans un océan de boue. Étrange vision que l'on découvre soudain au terminus d'une longue piste cahotante. Au détour d'un promontoire de basalte, c'est la Genèse et l' Apocalypse confondues. Aussi loin que porte le regard se dressent les minarets et les tours d'une cité fantomatique. Pour les Danakils, ces lieux sont frappés de malédiction et seuls s'y aventurent parfois, sans jamais s'attarder, les caravaniers de la contrebande. Ici, la seule vie permanente est animale: les eaux brûlantes aux senteurs de soufre et à la saveur amère qui, par place, sourdent de la terre, font vivre un gazon rachitique, une sorte de chiendent vert que broutent des phacochères et des ânes retournés à l'état sauvage. Les cheminées, dont certaines atteignent une quarantaine de mètres de hauteur, sont faites d'un ciment léger. Vue de près, la matière révèle la nature de ses origines : une infinité de débris végétaux et animaux, feuilles, arêtes de poissons, brindilles, petits os, soudés entre eux par les concrétions millénaires. De là-haut, le lac offre le spectacle de son immensité et ses milliers d'édifices dressés dans le ciel Vers le couchant, au-delà de la plaine de boue, c'est le lac aux couleurs de sulfate de cuivre. Des flamants roses pour qui la rift valley fut de toute éternité la route des migrations, y arrêtent leur vol pour reprendre des forces. Sauf en un seul point connu de très rares initiés, il est impossible d'atteindre l'eau libre. Sur des milliers d'hectares, l'immense grève qui encercle le lac est un piège infranchissable. Le sol que l'oeil croit solide flotte en réalité sur un chaudron de boue pâteuse. Que la croûte superficielle (de 15 à 50 centimètres d'épaisseur selon les endroits) vienne à craquer sous le poids du véhicule ou sous le pas du piéton, et c'est l'enlisement dans un cloaque visqueux dont la température atteint 80 degrés. Djibouti n'est qu'à deux cents kilomètres et quelques citadins profitent parfois du week-end pour visiter ce site exceptionnel. Trop souvent indisciplinés ou téméraires, ils s'aventurent sur le piège où leur machine reste engluée et où eux-mêmes subissent parfois de cruelles brûlures. Il arrive qu'après une forte pluie, le sol se ramollisse à son tour et livre des fossiles d'animaux, petits crocodiles, poissons, oiseaux, tous parfaitement conservés depuis 8000 ans dans la saumure de la vase. Les berges méridionales du lac sont éthiopiennes et contrôlées en fait par des tribus Issas. Sur quelques milliers de kilomètres carrés complètement enfermés dans un désert de pierres noires, se succèdent marais, roselières, sables mouvants, le tout entrecoupé par un labyrinthe de canaux profonds dont chaque nouvelle crue modifie le tracé. Un paradis pour animaux: oiseaux aquatiques, phacochères, hippopotames et crocodiles innombrables. Les moustiques et le paludisme en font un enfer pour les hommes. »
A noter que le Lac Abbe a servi de décor naturel au premier volet du film " La planete des singes "
CC Laurent Corre
20 février 2007
Lac Assal
Carnet de route
La banquise djiboutienne …
La banquise sous les latitudes djiboutiennes, cela pourrait prêter à sourire. C’est pourtant la destination d’une troupe de neuf aventuriers excursionnistes de la Loire en ce vendredi 16 février. Il s’agit en fait de la banquise de sel du lac Assal. Pour rejoindre ce point situé à 155 mètres sous le niveau de la mer, nous longeons durant plus de deux heures la grande faille africaine qui sépare les plaques terrestres africaine et arabique. Les deux plaques s’écartent d’environ deux centimètres par an et les volcans de la région reprennent régulièrement de l’activité (la dernière éruption du volcan Ardoukoba date de 1978). Nous traversons des étendues couvertes de coulées de lave figée. A mesure que nous avançons vers l’est, les paysages se font de plus en plus désertiques. Nous ne croisons plus que quelques nomades accompagnés de troupeaux chèvres et de dromadaires. Après avoir remonté le golfe de Tadjoura, nous descendons dans la fournaise du lac Assal. L’eau du lac est dix fois plus concentrée en sel que nos chères eaux bretonnes. Les rivages du lac sont blancs d’un sel précieux que des caravanes éthiopiennes viennent encore cherché. Autre curiosité géologique du site : des sources d’eau chaude (70 degrés) auxquelles les nomades prêtent des vertus médicinales. En début d’après midi, la température monte encore et l’air marin de l’anse du Goubbet où un déjeuner nous attend, est des plus salutaire. Une journée de découverte pour certains ou de souvenirs pour d’autres qui confirme bien tout l’intérêt et la richesse d’une région magnifique.
O1 Monfort
19 février 2007
Assistance au Sagittaire
« Loire, Loire de Sagittaire »
« Loire écoute ! »
C’est par liaison radio que le Sagittaire (Riri) appèle au secours sa chère Maman : le BSM Loire. En cette fin de soirée au beau milieu de la mer Rouge, langue d’eau entre le continent africain et la péninsule arabique, le vaillant chasseur de mine vient de subir une légère avarie qui le contraint à demander assistance aux ateliers de la Loire.
Branle bas de combat à bord de la Loire afin d’accueillir pour quelques heures le CMT qui se mettra à couple pour faciliter les réparations.
Jusque tard dans la nuit, l’atelier mécanique général s’affaire autour de ses machines afin de confectionner, dans les règles de l’art, une nouvelle pièce pour son visiteur d’un soir.
Les virtuoses du tour et de la fraiseuse exécutent une partition parfaite sous les yeux ébahis des néophytes.
Après avoir refait les niveaux, vérifier la pression, nettoyer le pare-brise et remis la nouvelle pièce, la Loire largue les amarres de son protégé, qui s’éloignent lentement vers d’autres aventures (que nous vous relaterons prochainement, promis).
On ne revient pas sur la Loire, par hasard …
CC Laurent Corre
Pompiste chez …

































































